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Championnat du monde Adultes 1991

Résultats

1/2 finale quadrette

FRANCE (Noharet, Bois C., Burnichon, Gielly puis Condro) bat TUNISIE (Sassi, Halle, Nait Liman, Louaoui puis Nait Habib) 13 à 4 

Burnichon 14/16 ; Noharet 5/5 (1b, 1c) ; Condro 1/1 ; Sassi 22/26 (3b, 3c) ; Halleb 9/16 (3c) ; Nait Liman 2/3

 

ITALIE (Bruzzone, Sturla, Guaschino, Birolo) bat MONACO (Di Clemente, Roger Fernandez, Sevilla, Rossi puis Zuchetto) 11 à 4

Guaschino 29/30 (1b, 1c) ; Bruzzone 11/14 (1c) ; Sturla 7/8 (2b, 1c) ; Di Clemente 22/27 (1c) ; Fernandez 16/19 (7b, 1c) ; Sevilla 1/1

 

Finale quadrette

FRANCE (Noharet, Bois C., Burnichon, Condro) bat ITALIE (Sturla, Birolo, Guaschino, Bruzzone puis Amerio) 14 à 12

Burnichon 25/34 (2c) ; Noharet 15/17 (3b, 1c), Condro 3/4, Bois 1/1 ; Guaschino 27/34 (5c), Sturla 11/14 (5b, 2c), Amerio 6/9, Bruzzone 1/4

 

3ème et 4ème place

MONACO bat TUNISIE 15 à 9

Di Clemente 20/30 (1b) ; Fernandez 10/12 (3b, 2c) ; Sevilla 1/1 ; Sassi 25/31 (2b, 2c) ; halleb 12/18 ; Nait Liman 4/6

 

Articles

18/11/1991 Première page :

CHAMPIONS DU MONDE

Trois titres enlevés pour trois décernés. Le grand chelem des français est tout simplement historique.

L'équipe de France de quadrette composée de Christophe Bois, Franck Burnichon, Dominique Noharet, Gérard Condro, Patrick Gielly et Eric Lotto s'est imposée en finale devant l'Italie. Du beau travail.

Depuis 1982 et Grenoble, l'équipe de France courrait après la gloire. De coups du sort en défaillances inexplicables tout un peuple (ou presque) en était venu à se dire qu'une seconde place derrière l'Italie n'était finalement pas une mauvaise opération. Et puis, tout arrive. Enfin ! Si les titres de Dominique Noharet et Eric Lotto en tir de précision et en tir progressif étaient espérés, c'est celui en quadrette qui posait le plus d'interrogations. D'autant que l'équipe commis une première faute d'entrée, s'inclinant face aux monégasques qui se montrèrent brillants pas la suite. Sans jamais vraiment dominer leur sujet, les français avaient trouvé le moyen de créer deux clans, parmi les supporters : les inquiets et les carrément défaitistes. Un seul joueur ralliait tous les suffrages et c'est lui qui fut le grand bonhomme de la rencontre. Une statue dans le hall d'entrée de la fédération française et une rue à son nom à Montélimar ne serait qu'un hommage rendu à ses immenses qualités bouliste et de capitaine. La France donc, en battant sa rivale de toujours : l'Italie, a mit fin à de longues années de disette et nous soulignerons la réussite du coup de poker tenté par Gilbert Berthet : faire évoluer ensemble de jeunes joueurs. Pétris de qualités sans doute mais inexpérimentés. L'histoire lui a donné raison. Inquiets et défaitistes devaient donc se réunir hier soir pour une communion, dans un boulodrome de la Blâche devenu temple de la lyonnaise, la cérémonie ayant été célébrée par une équipe tricolore aux nerfs d'acier et aux talents multiples. Deux montiliens, un aixois, un gapençais, un bugiste et un croix-roussien venaient d'écrire une belle page dans le grand livre du sport boules.

 

18/11/1991 Page 4 (article 1):

OH LA BELLE BLEUE !

Le feu d'artifice tricolore s'est terminé par un superbe bouquet final tiré par Noharet, Burnichon, Bois et Condro.

France-Italie en finale, c'était l'affiche attendue. Seule demeurait une grande question : à quelle sauce seraient mangés les tricolores, peu à l'aise depuis le début de ce mondial ? La réponse vint de manière cinglante : aucune. Encore qu'une alerte enrayée par Noharet, tapant un but d'entrée, ne vienne faire passer des sueurs froides dans le dos des supporters venus en masse au boulodrome de la Blache. A partir de cet instant, les français, contrairement à toute attente, se comportèrent en patrons sur le jeu, Bois tenant tête de la meilleure des façons à son adversaire pointeur Birolo tandis que Burnichon avait enclenché le turbo. Il faut bien avouer également que les italiens ne semblaient pas dans leur assiette, Bruzzone en particulier. Blessé le matin à la main par un but tiré et frappé, il n'avait pas son autorité habituelle, et quand Paletto l'entraîneur transalpin décida de le remplacer par Amério, le mal était déjà fait (10-2). Entre temps, Sturla et Noharet avait dû payer de leurs personnes pour annuler dans des conditions périlleuses, les italiens, comme on le voit, avaient les pires ennuis pour trouver leurs marques en même temps que leur sérennité. Ils prendront d'ailleurs un bon coup de massue quand la marque passa à 11-2. Burnichon avait fait deux trous à égalité de boules. Les français choisirent de partir au tir. Noharet deux frappes, Condro deux frappes, et Christophe Bois (qui n'avait pas tiré du mondial) une touche, marquait une unité. La fierté italienne fit toutefois que le score se réduisit d'un seul coup : 11-4 puis 11-6 et nouveau coup de théâtre sur une mène qui semblait sourire aux transalpins. La France qui avait deux boules de retard se retrouva avec deux d'avance sur un mauvais point de ses adversaires. Sturla, de sa dernière, va rentrer à deux mais Noharet veillait au grain. Un ciseau avec carreau et les français avaient trois points par terre. De sa dernière, le capitaine français devait faire carreau pour finir : hélas si la frappe fut bonne, "l'allongée" ne figura point au rendez-vous. Qu'importe à 14-6, l'affaire était bien engagée. Pourtant, avec les italiens, jamais l'excès de confiance ne doit être de mise. Et la "Squadra" de faire confiance à Sturla pour annuler deux fois, obligeant Burnichon à en faire de même, et si les transalpins revinrent à 14-9, puis 14-10, c'est à grands coups d'énergie qu'ils le durent ; d'autant que les français eurent des options pour le moins bizarres. A 14-10 donc, et au milieu de la mène, les deux équipes savaient à quoi s'en tenir. Dans le clan tricolore, on s'embrassait, rien ne pouvant désormais plus arriver. C'était la mène supplémentaire, quatre boules de chaque côté et, sûr de sa victoire, Dominique Noharet en capitaine courageux tira deux fois sur Amério. Une frappe d'abord, puis un trou, mais voyait-il bien la boule avec ses yeux mouillés de larmes ? 14-12, c'était fini, place aux congratulations en tous genres.

Auparavant, il avait d'abord fallu qu'italiens et français se débarrassent des monégasques et tunisiens. En ce qui concerne l'équipe de France, elle retomba dans ses vieux travers, entendez par là qu'elle ne su jamais ajouter quand les circonstances le permirent, sauf dans l'ultime mène, enfin serions-nous tentés de dire. Côté tunisien, c'est Sassi qui tint la baraque en faisant le mille au tir, attaquant même par deux buts d'annulation avant que la France ne marque. Ce fut ensuite au tour de Noharet de sauver au but (d'une seule boule), Gielly (0 sur 2 au point) et Bois (1 sur 2), étant à la base de cette option défensive. Le point posait donc problèmes et on le vit bien dans la mène suivante quand les français, avec 4 boules contre 2..., ne marquèrent pas. Ils se refirent une santé heureusement aussitôt et l'écart était enfin creusé : 6-2, puis 7-2 en manquant le rajout par Burnichon, puis 8-2 dans des circonstances presque identiques. Gielly n'y était plus, Noharet et Burnichon se noyaient et c'est ainsi qu'une marque de 4 passait à 1. A 10-2, Gielly, le gapençais, qui avait une nouvelle fois manqué ses deux boules, était remplacé par Condro et, alors que les carottes semblaient cuites pour les tunisiens, Sassi sauvait encore les meubles de sa première boule au but. Ce n'était en fait que partie remise puisque, dans le jet de but suivant, Halleb ne pourra l'imiter par deux fois, la France gagnant ainsi son billet pour la finale, en ayant peut-être joué sa meilleure partie depuis le début de la compétition. Christophe Bois pointa bien, Burnichon tira plus que mieux et Dominique Noharet, en dépit de quelques erreurs au point, se montra très constant. Seul Gielly passa à travers.

Entre Monaco et l'Italie, la lutte fut acharnée. Les tireurs s'en donnèrent à coeur joie, Guaschino, par exemple, qui ne manqua que la dernière boule qu'il tira. Monaco prit résolument les rênes, menant 3-1 en rivalisant au tir avec les italiens qui voyaient avec bonheur Rossi, le pointeur monégasque, prendre le but pour un gendarme. Mais, quand les transalpins menèrent 5-3, l'entrée de Zuchetto nous permit d'assister à un duel au point particulièrement serré et les carreaux allongés des italiens firent la différence. De 7-3, la marque passa à 11-3 et, dès lors, on assista à un festival au but. Fernandez, avec 7 frappes, fut le grand bonhomme du match. Hélas, celà ne servit à rien puisque l'Italie l'emportait finalement, comme prévu.

 

18/11/1991 Page 4 (article 2):

DOMINIQUE NOHARET : "MON REVE SE REALISE"

Vous dire que la joie fut intense dans le clan français serait un doux euphémisme. Depuis 1982 que la France bouliste attendait un titre mondiale en quadrette, depuis que l'on se gausse de ces mémorables "déculottées" enregistrées en matchs internationaux, cette revanche sur le sort et plus encore sur l'ennemi intime transalpin avait en fait quelque chose de pathétique. L'émotion se dégageait d'ailleurs des propos de la délégation française et les témoignages de sympathie qu'elle recueilli à l'issue de cette finale mémorable avaient la sincérité du connaisseur enfin comblé. Quelques larmes perlèrent même, dans un moment de joie et d'émotion partagée.

Gilbert Berthet (sélectionneur national) : "Nous avons rempli notre contrat au-delà de toutes espérances. Nous avons fait ce que j'aime bien, c'est à dire attaquer doucement pour monter régulièrement en régime. Et puis, je ne peux passer sous silence la présence bénéfique de Dominique Noharet, alors que les autres joueurs Bois, Condro et Burnichon ont fait ce que l'on attendait d'eux. J'espère que cette victoire va nous débloquer un peu, atténuer le complexe que nous développions face aux italiens et dans ce contexte revenir à Gap ne me dérangerait pas car le public est extraordinaire".

Christophe Bois : "Je ne réalise encore pas, je dépressurise à peine. Ce titre, mon premier en adulte, me comble et j'espère avait bien tenu ma place. Lorsque j'ai tapé la boule j'ai accusé brutalement le coup et pendant trois mènes j'ai décompressé alors que je n'aurai pas du. Mais j'ai su me remotiver et en fait je n'ai jamais douté. Les jeux étaient extrêment difficiles et il convenait de se méfier énormément pour ne pas "se poudrer", chose ardue s'il en est, et l'apport du fantastique public fut extrêmement précieux pour nous".

Franck Burnichon : "Je n'ai jamais eu peur, je n'ai jamais ressenti la pression. Quand je me suis élancé au but en fin de partie c'était dans l'espoir de gagner du temps, l'option choisit n'avait que cette ambition. L'essentiel et capital fut pour nous de jouer avec un super Noharet. Je ne vous dit pas le bien qu'il nous a fait".

Jean-Claude Lair (kiné de l'équipe de France) : "C'est merveilleux. Depuis le temps que nous courrons après ce titre, que nous prenons des "trempes" et résussir aujourd'hui le grand chelem à Gap c'est un grand jour. Mais le triomphateur de ces journées c'est Dominique Noharet".

Dominique Noharet : "Mon rêve se réalise. Battre les italiens en quadrette en finale du championnat du monde, j'aurai attendu cela longtemps. Nous avons réalisé un super départ et par la suite quand un vent déjà trop ressenti se mit à souffler il était important que nous sachions gérer notre avance. Nous y sommes parvenu et même si ce fût stressant sur la fin dans mon esprit j'étais bien. S'il fallu j'aurai même été, je pense, capable de taper un petit but de gagne".

 

© 2007