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Championnat du monde Adultes 1967

9 nations - 16 quadrettes

Résultats

1/2 finale quadrette

FRANCE (Cheviet, Oliver, Imbert, Bouvet) bat MAROC (Bouiri, Bourges, Guarino, Haller) 15 à 5 

Oliver 15/23 (1b, 2c) ; Imbert 2/2 (1c) ; Bouvet 1/2 ; Haller 17/24 ; Guarino 1/7 ; Bourges 1/3

 

ITALIE (Granaglia, Benevene, Baroetto, Bragaglia) bat ITALIE (Andreoli, Ghio, Gaggero, Longo) 15 à 13

Benevene 29/40 (1b, 5c) ; Granaglia 15/19 (1b, 5c) ; Baroetto 5/9 (2b, 1c) ; Andreoli 29/33 (2b, 7c) ; Ghio 15/23 (5c) ; Gaggero 6/9 (3c)

 

Finale quadrette

ITALIE (Granaglia, Benevene, Baroetto, Bragaglia) bat FRANCE (Cheviet, Oliver, Imbert, Bouvet) 18 à 17

Benevene 42/55 (2b, 4c) ; Granaglia 19/31 (1b, 1c) ; Baroetto 3/5 ; Oliver 34/49 (5b, 6c) ; Chevier 23/31 (3b, 3c) ; Bouvet 16/23 (2b) ; Imbert 11/20 (1b)

 

Articles

27/08/1967 (article 1) :

XIXème CHAMPIONNAT DU MONDE BOULISTE A GAP

APOTHEOSE AVEC 3 500 SPECTATEURS POUR LA FINALE FRANCO-ITALIENNE

Gap, 27 août - A 15h30, alors que la plupart des 3500 spectateurs ont envahi les tribunes du stade couvert de La Blache, depuis une heure, les équipes finalistes, littéralement portées par un public "chauffé" par l'ambiance et l'enjeu, font leur entrée sur les jeux, sous la conduite de M. Maurice Jaubert, commissaire général. Prenant place autour du jeu central, qui se détache sur une surface agrémentée des armes aux couleurs de la ville, la "squadra" italienne, détentrice du titre arc-en-ciel est précédée d'un dirigeant, M. Campagnolo. L'équipe française est accompagnée de M. Vitalis, premier sélectionneur français, tandis que M. Mignard (Maroc), directeur de ces ultimes débats, occupe symboliquement le centre de l'arène. Sous un soleil généreux qui n'a cessé de se manifester depuis le début de l'épreuve, mais qui est heureusement filtré, la présentation solennelle donne lieu à huit vagues d'ovations. Le niçois Lolo Imbert, naguère compagnon heureux de Robert Millon (dont on regrette vivement l'absence à ce stade là) à plusieurs reprises, sort vainqueur si l'on considère l'applaudimètre, de cette cérémonie dont la durée n'excède pas dix minutes.

27/08/1967 (article 2):

GRANAGLIA, APRES 5H. DE JEU, MENAIT CHEVIET PAR 16 à 11

L'on se refuse à décompter le nombre de personnes qui n'ont pas pu franchir le pont sur la Luye, passage obligé pour accéder à l'enceinte où se déroulait ces XIXème championnats du monde. Comme l'on comprend que les organisateurs se soient trouvés débordés par un tel succès populaire, ils avaient tout prévu, sauf, par obligation matérielle, un cadre plus vaste. On regrette pour eux qu'ils aient été dans la nécessité de faire des mécontents. Hélas, même avec les plus louables intentions, l'on ne peut contenter tout le monde, surtout les retardataires. Une chose demeure quand même : sur le plan sportif, les quelques trois mille prévoyants qui gravissaient gradins et tribunes, matin et après-midi, en ce dimanche illustré par la réception qu'offrait notre journal à tous les officiels, n'ont rien à regretter. Mais au fait, il faut revenir quelque peu en arrière, car l'on ne vous a pas dit que Millon avait succombé aux barrages sur le score sévère de 13 à 1, le vainqueur étant évidemment Granaglia, alors que les marocains avaient pris l'avantage sur les monégasques (13-0). Donc, comme à Monaco l'an dernier, deux quadrettes italiennes, une française et une marocaine, en demi-finales. Le tirage au sort cette fois (en 1966 aussi) favorable à nos représentants, puisque les transalpins étaient opposés et se dévoraient entre eux, sans ménagement, précisons-le. Cette mise au point faite, l'on retrouvait donc, en finale, Cheviet et Granaglia. C'était la troisième confrontation en trois jours entre les deux mêmes équipes, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'italien, battu deux fois par le français, se trouvait à chances égales avec lui pour le titre. Jamais deux sans trois ? Il ne paraissait pas que le proverbe fût vérifié, tellement les italiens, pourtant pas vulnérables, avaient creusé l'écart. 12-2, puis 15-4, l'artillerie française n'était pas aussi précise qu'il eût été souhaitable. Nous en étions ensuite à 15-9.

 

UNE FINALE TRES DISPUTEE

L'on ne pouvait guère espérer que les "quatre" tricolore fasse aussi bien que la veille. Ils avaient été, samedi après-midi, si près de la perfection que l'on se fut contenté, en cette partie capitale, d'une prestation semblable. Or, devant ces mêmes italiens qui s'amélioraient, eux, au fil des parties, nos joueurs débutèrent nettement moins bien. Si Bouvet et surtout Imbert faisaient pratiquement jeu égal avec leurs antagonistes directs, le tir répondait moins bien. Et le score était bientôt de 8 à 1 en faveur de Granaglia. Celui-ci, visiblement décidé à venger par un score sans appel ses échecs des deux jours précédents, tira alors le but qu'il manqua. Oliver et Cheviet échouèrent sur l'ultime prise pour les transalpins. Il faut ensuite un "biberon" de Imbert, détruit par Granaglia, pour éviter que ce dernier n'accentue son avantage. Nouvelle attaque au but infructueux du maestro, mais une fois de plus aussi on n'en profite pas dans le camp français. Résultat : 9 à 2 pour l'Italie alors que l'écart ne devrait pas être de plus de 2 à 3 unités. Enfin, les voici repartis. Benevene et Granaglia "tournant" à une sur deux. 4-12 à la 13ème mène. Ensuite Granaglia annulant sur une boule près. Deux unités ensuite après une annulation de Oliver sur un but déplacé par Bouvet, tirant lui aussi le petit objectif. Et 9-15 sur un remarquable jeu d'ensemble des français. Puis 9-16, Granaglia ne réalisant pas le carreau indispensable pour espérer conclure. Une annulation opportune de Oliver, puis une mène unique, 8 frappes sur 8 des français, la dernière ponctuée d'un carreau par Cheviet : 16 à 10

 

28/08/1967

A CHEVIET LE PANACHE... A GRANAGLIA LE TITRE MONDIAL !

Gap, 28 août - Quel calme ce matin (après une nuit courte) dans cette bonne ville de Gap soumise pendant quatre jours à une occupation étrangère insolite. Les hôtels saturés, les restaurants refusant du monde et le splendide parc de la Pépinière accueillant sous ses frais ombrages ceux qui, pour ne pas manquer l'entrée, s'offraient en plain air un casse croûte rapide. Si cet extraordinaire succès populaire se justifiait, jusqu'à dimanche, par la qualité de la compétition et l'attente d'un choc final franco-italien, la confrontation ultime entre Cheviet et Granaglia ajoutait encore à l'intérêt initial. Choisi pour la première fois de sa jeune et brillante carrière comme capitaine d'une formation nationale, le fidézien avait jusque là rempli largement son contrat : vaincre deux fois Granaglia en deux jours n'est pas tellement facile. Mais le "maestro", trop vite condamné par certains sut retrouver contre Andreoli les ressources nécessaires pour défendre son titre. Pour les gens goûtant la précision, 4H30 lui furent nécessaires pour obtenir son premier succès de la saison en compétition officielle face à son jeune rival.

Lorsque, à 15h40 exactement, français et italiens entamèrent les hostilités qui aurait pu prévoir le dénouement et surtout la durée de cette finale ? Nous sommes bien dans l'obligation de la résumer puisque les impératifs horaires ne nous ont pas permis de la commenter, hier, comme il se devait. Rappelons donc rapidement qu'après un départ moyen des tireurs français, Granaglia menait 15 à 4 et le speaker de service conseillait aux spectateurs (il était 19 heures) de ne pas envahir les jeux à la fin de la partie... C'était le moment où, justement, les français se retrouvaient pleinement. Oliver annulant, Bouvet frappait encore le but et 2 points sanctionnaient cet exploit. 9-15 puis 9-16 avant que Oliver sauve à nouveau son camp. Ce sont ensuite les 8 frappes des français pour un point et une nouvelle annulation du dracenois. Puis 6 touches sur 6 encoure pour une seule unité, Cheviet détruisant aussi le carreau d'Oliver. C'est au renvoi un point inespéré pour les transalpins Cheviet vainement malheureux démarquait encore malgré un carreau... Le fidézien se venge sur le but puis 13-17 et nouvelle annulation par le même Oliver après. Bouvet promu maintenant au rôle de pointeur en second frappant aussi le "petit". Et puis, défaillance italienne et possibilité pour les français de conclure. Las ! une fois de plus le carreau de Cheviet ne sera pas payant et 17-17. Cheviet, Oliver, Benevene, Granaglia et Benevene encore, frappent successivement le petit objet pour préserver leur camp. Trente-huitième et dernière mène. Imbert reste court. Bragaglia reprend. Imbert vient plus près ; Benevene détruit. Bouvet tire et touche. Reprise de Bardetto ; Bouvet frappe encore mais la boule italienne n'est pas déplacée et tient toujours. Le but est à 10 centimètres de la deuxième raie et Oliver (une fois), Cheviet (2 fois) ne pourront l'en déloger. C'est fini. Granaglia est à nouveau champion du monde ! Il est 22h55 et l'empoignade a duré 7h15 exactement.

Voilà ! Concluez vous-même, amis lecteurs, selon vos appréciations personnelles. Mais pour moi je regrette profondément que quelques faiblesses mineures en début de partie et une malchance certaine aient privé Cheviet, Oliver, Imbert et Bouvet d'un titre qu'ils méritaient hautement. A constater l'estime réciproque manifestée après cette lutte homérique entre vainqueurs et vaincus, l'on se doit de souligner aussi que les "accrochages" en cours de jeu en raison de la tension nerveuse de tous, ne sont plus qu'un mauvais souvenir, n'est-ce pas Granaglia et Imbert ? Et il faut, pour conclure, indiquer que Imbert a été désigné comme meilleur joueur du championnat. Une distinction flatteuse pour le niçois. Dommage encore qu'il n'y ait pas d'accessit. André Bouvet l'aurait pourtant bien mérité ! Pour nous il ne saurait être question de distinguer entre nos quatre mousquetaires. Cette équipe au sens noble du terme, a pleinement justifié le choix des responsables. Et l'échec, pour un point, à la phase décisive, ne doit tout de même pas faire oublier la remarquable partie de samedi contre les mêmes adversaires. Alors ? Et bien "Allez France" comme le scandait si bien le bon public gapençais !

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